Le Lait

Il existe ces temps, un débat sur l’utilisation du lait de vache. Alors je voulais vous aider à faire un point en ce qui concerne son utilisation pour vous et vos enfants ou petits enfants.

Il est exact que nous devons continuer à prendre du calcium, une fois notre croissance terminée. Il sert à maintenir l’équilibre de notre pH sanguin, que notre corps maintient en permanence à 7,4 soit très légèrement basique. À la moindre acidification du sang, notre corps prélève du calcium dans nos os pour basifier notre sang, c’est-à-dire rééquilibrer son pH. Sans apport régulier complémentaire, vous risquez l’ostéoporose : une décalcification des os qui les fragilise et augmente le risque de fractures.

Le cycle du calcium dans notre organisme est particulièrement complexe. Plusieurs autres oligoéléments et vitamines entrent en jeu. Un équilibre fragile s’établit entre des phénomènes contradictoires. Par exemple, les protéines du lait participent à la formation osseuse, mais contribuent aussi à acidifier le sang et donc à augmenter les prélèvements de calcium. Donc si vous preniez du lait pour une reminéralisation osseuse, c’est loupé!

Si vous voulez renforcer vos os grâce à l’alimentation, je vous conseille d’opter plutôt pour :

  • du chou chinois (2 fois plus de calcium, et même biodisponibilité) ;
  • des amandes (2 fois plus de calcium) ;
  • des sardines (avec les arêtes, 175 mg de calcium pour 100 g contre 130 mg pour le lait) ;
  • du cresson (même teneur en calcium, mais deux fois plus assimilé).

Plus grave, la consommation de lait, en trop grande quantité, est accusée d’être un facteur de risque pour plusieurs maladies.

Dans les années 2000, l’hypothèse d’un lien entre consommation de produits laitiers et obésité a fait son apparition. Le lait moderne serait en effet trop riche en sucres et en graisses. Cette théorie est aujourd’hui très contestée : plusieurs méta-analyses, dont une menée spécifiquement sur les enfants et une sur les femmes adultes, ont exclu tout lien entre consommation de produits laitiers et obésité.

Pour le diabète également, le lait a été mis hors de cause. S’agissant du diabète de type 1, une étude parue début 2018 réfute tout impact négatif du lait de vache. Pour le diabète de type 2, la méta-analyse la plus récente (mai 2019) souligne au contraire un léger impact positif d’une consommation quotidienne de yaourts ou de produits laitiers allégés. Facile à résoudre en prenant des fromages affinés (fermiers!), car les lactobacilles se nourrissent du lactose et, du coup il n’en reste que très peu.

Quant au lien entre lait et cancer, les théories les plus contradictoires circulent. Les hormones de croissance administrées aux vaches favoriseraient la mutation de nos cellules. On ne sait pas comment mais la théorie est séduisante. La synthèse publiée en 2018 par le World Cancer Research Forum fait un point assez rassurant. Des preuves limitées (limited evidence) indiquent un lien positif entre consommation de produits laitiers et le cancer de la prostate, l’un des cancers les moins graves. Mais à l’inverse, des preuves limitées, pour le cancer du sein, et des preuves fortes, pour le cancer du côlon, indiquent que les produits laitiers protègeraient contre ces deux cancers.

Boire du lait, c’est d’abord boire de l’eau (90 %), et donc se réhydrater. La matière sèche se répartit entre :

  • 43 % de glucides ;
  • 29 % de lipides ;
  • 28 % de protéines.

C’est donc un produit énergétique et nourrissant. Surtout, le lait est source de nombreux minéraux et vitamines. La concentration en potassium est plus élevée que celle en calcium. Il est également riche en phosphore et en magnésium. Il contient de nombreuses vitamines du groupe B (B1, B2, B9, B12), de la vitamine A (essentielle pour les yeux), C et D. Vu sous cet angle pourquoi s’en priver?

Problème: Les vaches d’aujourd’hui proviennent de races sélectionnées à l’extrême pour des raisons de productivité. Dans les élevages industriels, il n’est pas rare qu’une vache produise jusqu’à 50 litres de lait par jour soit 10 fois plus qu’il y a 50 ans !  Depuis le début des années 70, les agriculteurs remplacent une partie de l’herbe par du maïs, entre 25 et 60 % selon les régions. L’ajout de maïs permet de doubler la quantité de lait produite !

Mais, comme le disait Jean Pierre Coffe, ce n’est plus du lait, mais de la merde polyphosphatée!!! Plus elles mangent de maïs, plus les vaches produisent un lait chargé en oméga-6. Je vous rappelle qu’une trop forte consommation d’oméga-6 rend moins fluide le sang et risque d’entraîner des problèmes inflammatoires et des risque de cancer et d’infarctus. Comme il manque de protéines, le maïs doit être complété par une légumineuse, en général le soja, dont le bilan en acides gras est également désastreux. Résultat, le lait des vaches qui reçoivent 60 % de maïs présente un rapport oméga-6/oméga-3 de 7,6 (l’idéal serait de ne pas dépasser un rapport de 4). Lorsqu’elles reçoivent 80 % de pâturage et de foin, ce rapport est de 2, selon les études menées par l’Institut national de la recherche agronomique.

Le gain en productivité s’est donc accompagné d’une importante perte de qualité du lait sur le plan nutritionnel. Sans compter que l’élevage intensif favorise les infections et les maladies chez les animaux. L’usage d’antibiotiques y est donc omniprésent. Le lait industriel et le lait du petit paysan bio sont donc deux produits bien différents, vous l’aurez compris !

La commission d’experts internationaux Eat Lancet, dont l’ambition est de définir un régime alimentaire durable à l’échelle de la planète, a inclus un verre de lait par jour dans son régime planétaire sain et durable. Non pas cinq portions de produits laitiers ni même quatre, juste un verre par jour. Ou un morceau de fromage affiné (en alternant vache, brebis, chèvre de petits producteurs). Et tout autant que la quantité, la qualité de votre lait sera déterminante. Du lait frais, du lait bio, du lait non transformé, quitte à le payer deux fois plus cher puisque vous en boirez deux fois moins!

Et vous pouvez prendre en alternance du lait de noisette, d’amande ou de riz (évitez le soja pour le bien de tous, et pour shunter le surplus d’œstrogène).

Bonne dégustation! Et faites vous plaisir….

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close