Nouvelles des omégas 3

C’est une découverte majeure qu’a faite une équipe interdisciplinaire de l’UCLouvain : le DHA, un acide gras de type omega-3 présent dans certains aliments, comme le poisson, s’est révélé être un puissant poison pour des cellules tumorales, induisant leur mort cellulaire. Le fruit de leurs recherches a été publié ces jours (11 juin) dans la revue scientifique de renom « Cell Metabolism »

Connu pour ses bienfaits pour le corps humain, l’omega-3 DHA aurait donc le potentiel d’aider à lutter contre le cancer, dans la perspective de traitements combinés.

La ferroptose, c’est ce terme scientifique un peu barbare qui décrit le mécanisme par lequel la cellule tumorale se meurt, intoxiquée par le DHA (aussi appelé acide docosahexaénoïque — je ne citerai son nom complet qu’ici), via un phénomène de peroxydation. Plus la cellule tumorale va accumuler du DHA, plus ce dernier va s’oxyder et ainsi libérer des molécules qui vont entraîner la mort cellulaire. La peroxydation est une réaction chimique qui est par exemple responsable du noircissement de la chair des avocats.

Cependant, cette ferroptose induite par le DHA n’a lieu qu’en des conditions bien particulières : la cellule doit être en acidose, c’est-à-dire qu’elle se retrouve dans un micro-environnement acide, au sein des tumeurs.

Une tumeur n’est pas uniforme mais est exposée à différents types de micro-environnements, explique Olivier Feron, professeur à l’Institut de recherche expérimentale et clinique de l’UCLouvain. « On peut l’imaginer comme une sphère avec au centre une région plus acide qu’en périphérie. » Les cellules tumorales situées au centre de la tumeur sont exposées à un micro-environnement jusqu’à 10 fois plus acide qu’un tissu sain, a-t-il développé. 

En état d’acidose, la cellule tumorale, qui jusque là utilisait du glucose (un des sucres les plus communs) comme source d’énergie, va les remplacer par des lipides (graisses), afin de survivre à cet environnement plus hostile. Si parmi ces lipides se trouve une grande quantité de DHA, la cellule finira par littéralement imploser.

Le DHA agit sur les cellules située au centre des tumeurs, et ne tue donc pas la tumeur en elle-même. Il pourrait donc être utilisé en complément d’autres traitements. « Les cellules en périphérie sont la cible des médicaments actuels. Elles prolifèrent le plus mais ne sont pas les plus agressives. Notre article ici se penche sur la manière de s’attaquer aux cellules du centre, souvent oubliées par les traitements et qui peuvent causer des rechutes« , a souligné Olivier Feron.

Cette découverte a été faite par des expériences in vitro, soit sur des cultures de cellules tumorales en 3D appelées sphéroïdes. L’équipe de recherche, afin de confirmer ses premières observations, a également réalisé des expériences sur des animaux de laboratoire. Ils ont nourri des souris présentant des tumeurs avec une alimentation riche en DHA, et observé un développement tumoral fortement ralenti, en comparaison avec des souris soumises à un régime classique.

A l’origine de cette découverte, l’union de chercheur·euse·s de l’UCLouvain issus des domaines de la nutrition et du cancer. C’est l’équipe d’Olivier Feron, spécialisée en oncologie à l’UCLouvain, qui découvrait en 2016 que les cellules qui se retrouvent dans un micro-environnement acide (acidose) au sein des tumeurs, remplacent le glucose par les lipides comme source d’énergie pour se multiplier. Olivier Feron démontre par la suite, en collaboration avec Cyril Corbet chercheur FNRS en pharmacologie, que ce sont justement ces cellules en acidose qui se révèlent être les plus agressives, et qui acquièrent la capacité de migrer de la tumeur pour engendrer les métastases.

Yvan Larondelle, professeur à la Faculté des bioingénieurs, propose alors d’associer les compétences de son équipe travaillant sur les sources lipidiques alimentaires améliorées, afin de lancer une recherche pour évaluer le comportement des cellules tumorales en présence de différents acides gras. Cette recherche est menée par la doctorante en en bioingénierie et pharmacologie Emeline Dierge, pour les résultats évoqués plus haut.

Le document que je vous présente est extrait d’un reportage de la télévision berge.

Voila ce que les recherches permettent de dire aujourd’hui. Il faut encore passer de l’animal, à l’humain, mais le mode de fonctionnement des tumeurs cancéreuses est assez similaire entre l’animal et l’humain. Puis que les médecins formulent des posologies efficaces. Mais vu l’inexistence de risque dans l’utilisation des omégas 3, on peut dès à présent conseiller une supplémentation enrichie en oméga 3 à ses proches atteints d’un cancer.

Belle soirée à tous, et bon soin.

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